En Afrique, l’homosexualité est traditionnelle, mais …

76 CRIMES

Publié le 8 de mai 2012

En Afrique, l’homosexualité est traditionnelle, mais elle prend maintenant des formes inspirées par l’Ouest

Patrick Awondo Patrick Awondo (Photo par Eric O. Lembembe)

L’homosexualité a une longue histoire en Afrique, dit l’anthropologue Patrick Awondo, contrairement aux affirmations de politiciens qui la considèrent comme une importation occidentale récente.

Mais Awondo admet dans une interview le mois dernier que deux éléments clés dans le débat sur l’homosexualité en Afrique est venu de l’Ouest – en premier lieu, les lois de l’époque coloniale contre les activités homosexuelles et, plus récemment, l’émergence des mobilisations homosexuelles qui demandent des droits basés sur ses pratiques sexuelles.

«,L’homosexualité a toujours existée, mais certaines des formes actuelles de son identification ou des mobilisations qui accompagnent cette identification sont nées à un endroit précis avant d’inspirer d’autres contrées du monde dont l’Afrique », at-il dit.

Awondo était au Cameroun le mois dernier pour coordonné sessions…

View original post 1 794 mots de plus

La honte (partie 2)

Je ne me lancerai pas dans une analyse théologique visant à prouver que l’islam n’est pas une religion foncièrement violente, homophobe, sexiste et/ou antisémite. Je laisserai volontiers cela à Michel Onfray, soi-disant philosophe, homme de lettres aussi crédible qu’un BHL parlant sionisme et chiffons. Non, Michel n’y connait rien, ne parle pas arabe, base sa critique de l’islam sur son interprétation de différentes traductions ; vous l’avez compris, on passera sur l’honnêteté intellectuelle.

Je ne m’engagerai pas dans une joute verbale contre Éric Zemmour pour lui prouver que non, bien qu’arabe, je ne suis pas une délinquante en échec scolaire. Non Éric, je ne suis une menace à ton équilibre mental ; même si toi, tu me sembles déjà déséquilibré. Je ne compte pas non plus me reproduire indéfiniment en priant Allah de peupler cette pauvre France de ma progéniture islamique. Mais détrompe-toi Éric, je ne compte pas te tendre mon autre joue.

I’m tired of this shit.

Notre classe politique nous crache dessus, les médias (eux aussi désespérément blancs) nous piétinent. On érige en porte-parole de la communauté musulmane des individus assoiffés de célébrité, des individus eux-mêmes controversés dans la communauté intéressée. Ils jouent les « bons nègres » – ou mieux – les « bons bougnoules », prêts à vendre père et mère pour qu’un spot se braque sur eux. Ils séduisent l’oppresseur, afin d’acquérir une visibilité plus importante. Les bons bougnoules n’ont pas compris qu’on se servait d’eux, qu’ils avaient intériorisé le racisme qu’on leur assénait depuis toujours. Depuis quand est-on un bon bougnoule intelligent?

Shots fired

Parlons aussi de notre cher premier ministre (et son très très cher supérieur hiérarchique). Je n’oublierai pas ses propos émis à l’égard des Roms, ni son parti pris pour l’islamophobie. Je n’oublierai pas ces polémiques inutiles sur les frères musulmans (oui Manuel, en grand commercial, essaye de séduire Sissi); sur le voile islamique, sur la laïcité, sur Charlie Hebdo. Notre cher fonctionnaire est visiblement incapable de se taire à défaut de réfléchir.

Ça parle d’immigration, ça fait un chantage au FN pour gagner les élections, ça utilise sa rhétorique claudicante pour séduire les masses, ça viole les traités internationaux sans vergogne. Le politique est un animal bien étrange qui discute pain au chocolat et bronzette à la plage. Le politique, entre deux remarques sexistes et deux viols, vient vous parler féminisme avec une poule sous le bras.

Décidément, vous avez tout à apprendre d’eux. Maintenant, taisez-vous (big Up à Finkie).

La honte

La honte ? Le déni ? Le doute ? La colère ? L’incompréhension ? La suffocation, la peur du reproche, de la stigmatisation, car la stigmatisation arrivera. Il est donc là, le cancer qui pourrit la moindre portion de raison de cette société ; la haine. J’ai cessé de respirer ce mercredi 7 janvier 2015. Depuis, je vis en apnée. Ma tête bourdonne, perfusée à longueur de journée par les chaines d’information en continu. Mon cœur souffre lui aussi, des larmes s’échappent silencieusement de mon visage, hagard, incrédule. J’aurais voulu déguerpir de ce corps, si j’avais pu. Je ne pleure pas pour un journal, non. Je pleure parce que l’idiotie, l’ignorance, la stupidité ont encore tué. Je pleure de rage, parce que je sais pertinemment que l’on va me demander des comptes, moi la musulmane, l’arabe, la bougnoule jamais complètement intégrée. On a commencé à me demander des comptes en ce jour béni du 11 septembre 2001. J’avais 6 ans, ou 43 … peu importe au final, c’est la religion qui compte non ? On m’a demandé de me désolidariser de psychopathes avec lesquels je n’avais aucun lien, comme si mon silence équivaudrait à une adhésion par défaut à leurs actes innommables. Cela fait donc 14 ans maintenant que je suis considérée comme une présumée terroriste. Plus d’un milliard de musulmans dans le monde sont, à présent, de potentiels ennemis de l’Occident. Monde de merde.

Je suis née en France, je suis un pur produit républicain qui reste cependant coltiné à sa  « condition première » : arabe, fille d’immigrés marocains. On me demande de m’intégrer, mais l’on me refusera d’accéder à de hautes fonctions, au logement, au travail, à l’expression libre de mes sentiments dans un pays qui prêche pourtant la liberté d’expression. On refusera que j’existe, en tant que femme racisée et musulmane. Visiblement, l’intégration se fait à deux vitesses, tout dépendra de votre couleur de peau et de vos origines. Oui, la société française est colorblind, selon elle, il n’y a pas de noir, ni de blanc, d’arabe ni d’asiatique. La société s’uniformise en un tout indiscernable, un véritable royaume de Bisounours à ceci près que les blancs seront toujours considérés comme des victimes si des problèmes identitaires survenaient. Ainsi, les questions raciales n’existeraient plus en France, le noir aurait autant de chances que le blanc de réussir dans la vie, tout n’étant qu’une question de volonté. « Liberté, Egalité, Fraternité » donc. On oublie volontiers la construction du racisme en tant qu’entité responsable des inégalités socio-économiques. On oublie que le racisme n’est pas une affaire de pain au chocolat, mais d’accès à l’égalité complète. Oui, la réalité n’est pas colorblind, mais en technicolor: tout tourne autour des races ; du blanc français au noir français en passant par l’arabe, l’asiatique ou le métis. Au final, noir ou arabe, le défi est le même : lier intégration à respect de son identité propre. La schizophrénie que pourrait mener cette double identité vient de cette injonction permanente d’oublier la culture maternelle de l’assimilé, comme si celle-ci était une menace à l’asepsie culturelle française joliment nommée « multiculturalisme ». Dans les faits, nous savons très bien que le multiculturalisme en tant que tel n’a jamais existé, que le communautarisme n’a jamais été la source de tous les maux de la France, mais plutôt une réaction épidermique à la volonté d’écraser toute histoire personnelle. Un film créé par un noir pour les noirs sera considéré comme la démonstration d’un communautarisme à combattre, ce même film fait par un blanc pour les noirs se verra encensé par la critique en tant que preuve d’un formidable élan d’humanisme. Double standard donc.

Etre colorblind, c’est dire en quelque sorte : « on efface tout et on recommence » ; c’est nier l’existence des races en tant que déterminants socio-économiques. Dans les faits, le système oppressif construit par le blanc sera toujours exploité pour le blanc, les autres devant tenter de se frayer un chemin en se calquant sur le comportement de l’oppresseur. La suprématie blanche n’est pas un fantasme, les privilèges blancs ne sont pas des mythes. Etre conscient de ses privilèges en tant qu’individu de la race dominatrice, c’est déjà comprendre les mécanismes qui régissent l’économie, la politique, la société. Cette insistance, de certains hommes politiques blancs, d’affirmer que toutes les civilisations ne se valent pas n’est pas innocente : elle est au contraire lourde de sens : l’intégration est impossible pour toi l’africain, le dissonant, le différent, le basané, toi le barbare, moi l’éclairé, toi l’ignorant, moi le sachant. Ajoutons que le colorblind s’exprime aussi par la sémantique : refuser d’utiliser le terme « race » mais parler volontiers de « racisme » est aussi absurde que bannir le « sexe » du « sexisme ».

A SUIVRE (parce que j’ai pas fini bordel).